samedi 20 juin 2015

Batman : "Halloween" (tome 1/2) (SEMIC ; mai 2004)

Le premier des deux tomes de "Halloween" est un album d'une centaine de pages, sorti chez SEMIC en mai 2004. L'histoire principale est extraite de l'anthologie VO "Haunted Knight" (1996), qui regroupe trois aventures de Batman de longueur moyenne n'ayant pour lien direct entre elles que le thème central : Halloween.
Ce premier tome est constitué de "Peur" ("Fears" en VO, 1993), plat de résistance et première des trois aventures de l'anthologie VO. Le scénario est de Jeph Loeb et les dessins sont signés Tim Sale.
SEMIC ont ajouté à ce premier tome deux compléments qui ne figurent pas dans l'anthologie VO. L'un est une histoire courte intitulée "Nuit après nuit" ("Night After Night" en VO, extraite du second volume de "Batman: Black & White", sorti en 1996). Elle a été écrite par Kelley Puckett et illustrée par Tim Sale.
L'autre est une double page qui conte la toute première rencontre entre Bruce Wayne et Clark Kent. C'est intitulé "Quand Clark rencontra Bruce" ("When Clark Met Bruce" en VO, extrait de "Superman/Batman: Secret Files and Origins", sorti en novembre 2003). Il a été réalisé par Loeb et Sale.

C'est la nuit d'Halloween à Gotham City. Batman, épuisé, traque l'Épouvantail depuis une semaine. Le super-criminel détruit à l'explosif, un par un, les transformateurs électriques de la ville, plongeant des quartiers choisis dans l'obscurité totale et permettant ainsi à ses sbires de s'adonner au pillage en toute impunité. Mais Batman veille. L'Épouvantail essaye de se débarrasser de son adversaire en faisant usage de sa toxine, mais elle semble sans effet sur le Chevalier Noir, qui parvient à capturer le maniaque masqué avant que Gordon et la police n'arrivent sur place.
De retour au manoir, Batman redevient Bruce Wayne, le temps d'enfiler un autre déguisement, bien que celui-ci soit particulièrement succinct : un simple loup. Wayne a en effet organisé un bal costumé caritatif afin de recueillir des dons pour la fondation créée en mémoire de ses parents. Alors qu'il échange quelques banalités avec ses invités (dont le commissaire Gordon), son attention est attirée par une femme, à peine plus déguisée que lui (elle ne porte qu'une paire de lunettes) et accompagnée de ses deux dalmatiens. Le coup de foudre semble immédiat et réciproque. Mais alors que les chiens sèment la pagaille dans la bibliothèque du manoir, Alfred Pennyworth, le majordome, fait remarquer à Wayne que le bat-signal illumine le ciel de la ville : l'Épouvantail a réussi à s'échapper durant son transfert. Wayne, avant de redevenir Batman et de repartir en chasse, charge Pennyworth de prendre les coordonnées de la mystérieuse et séduisante jeune femme...

Loeb met en scène un Batman sur la brèche, épuisé physiquement et moralement. Il doute de ses propres choix, qui l'emprisonnent dans la solitude et l'empêchent d'avoir une vie normale. Lorsqu'il rencontre une femme fatale qui vient ébrécher ses certitudes déjà fragilisées, il va tenter de se convaincre qu'une fuite est possible. Mention spéciale pour l'Épouvantail, qui parvient à faire croire au lecteur qu'il est plus profondément dérangé que réellement dangereux.
Les illustrations de Sale, enrichies par les couleurs de Gregory Wright, sont remarquables de variété et de détails : alternance de petites cases et de doubles pages, plans, prises de vues, décors gothiques de Gotham City, bal costumé plein de références culturelles, jeux d'ombres et de lumières, aspect oppressant du labyrinthe, utilisation du noir et blanc ou de teintes rougeâtres pour certaines séquences, etc.

Il n'y a rien à redire sur les traductions de Nilolavitch (histoire principale) et Tourriol (compléments), qui sont parfaites. Le texte est impeccable.
Dommage que SEMIC n'aient pas publié l'anthologie VO en un tome, sans compléments. L'anthologie a été rééditée par Urban Comics, sous le titre "Des Ombres dans la nuit", mais l'éditeur a cru bon d'y ajouter "Catwoman à Rome", ôtant ainsi sa cohérence au lien qui relie les histoires.

Le récit principal de ce premier tome est un joyau. Ce premier volume aurait d'ailleurs été parfait sans les choix ou "défauts" éditoriaux de l'édition VF, "défauts" dont le second tome est heureusement exempt.

Mon verdict : ★★★★☆

4 commentaires:

  1. Je me souviens que cette histoire avec Scarecrow m'avait également beaucoup plu, et que j'avais été très content de lire cette histoire antérieure à Long Halloween car Loeb & Sale avaient déjà trouvé leur style.

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    1. Je me faisais une joie d'attendre la réédition d'Urban Comics, mais il a fallu qu'ils y ajoutent "Catwoman à Rome", alors l'idée d'albums séparés me semblait tellement évidente et incontournable.

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    2. Mais tu l'aurais relu quand même Catwoman à Rome ?

      Je présume que Catwoman à Rome tout seul ne se vend pas tellement, que le récit n'a pas réussi à générer un intérêt significatif du lectorat, alors qu'il est très bon dans mon souvenir.

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    3. J'aurais certainement relu "Catwoman à Rome", oui. Parce que pour moi ça reste le meilleur Catwoman que j'aie pu lire jusqu'ici, même si j'en aime quelques autres, dont ceux de Brubaker.

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