samedi 6 janvier 2018

XIII (tome 16) : "Opération Montecristo" (Dargaud ; février 2004)

"Opération Montecristo" est le seizième tome de la série "XIII". Cet album cartonné de quarante-six planches est sorti chez Dargaud en février 2004. C'est la suite de "Lâchez les chiens !".
Cette série a été créée par Jean Van Hamme (au scénario), incontournable scénariste de la bande dessinée franco-belge, coauteur de "Thorgal", "Lady S." ou "Largo Winch" - s'il ne faut citer que quelques-unes de ses œuvres - et William Vance (au dessin), illustrateur de séries importantes, telles que, entre autres, "Ringo", "Bob Morane" ou encore "Bruno Brazil". Assez curieusement, ces deux géants devaient au départ collaborer sur "Bruno Brazil". Vance est malheureusement atteint de la maladie de Parkinson ; il a dû se retirer il y a quelques années.

À la fin de "Lâchez les chiens !", le pilote conduit XIII au Costa Verde. L'amnésique y est arrêté sur ordre présidentiel. Le pilote, tentant de fuir, est abattu. Amos, Carrington et Jones, déjà sur place, seront incarcérés avant d'être extradés vers les États-Unis, et les Préseau restent les hôtes de la présidente.
L'ambassadeur des États-Unis remet cinq dossiers d'accusation - au lieu des quatre prévus - à la présidente (l'identité de la cinquième personne n'est pas divulguée) ; en effet, bien que cette personne n'ait commis aucun crime au Costa Verde, elle doit être jugée pour meurtre aux États-Unis. Il explique sans détour à Maria de Los Santos qu'il serait regrettable pour les relations entre les deux pays que ses amis réussissent à s'évader.
XIII, Jones, Carrington et Amos sont enfermés à la prison militaire de Palo Sangre. Ils spéculent sur les projets de la présidente ; les livrera-t-elle aux Américains ? Selon XIII, elle n'a pas le choix si elle désire éviter les sanctions économiques dont le Costa Verde est menacé. Jones veut lui faire comprendre que s'il retourne au pays, XIII est un homme mort. Le général ajoute que Jones, Amos et lui connaîtront le même sort...

Bien qu'il bénéficie de tout le métier et l'expérience de Van Hamme, ce seizième tome n'est pas meilleur que le précédent, "Lâchez les chiens !", la faute au manque d'inspiration du scénariste. Ce passage à vide se traduit en plusieurs points. D'abord, des caractérisations qui évoluent mal ou qui sont prévisibles. Ainsi, le marquis de Préseau devient colérique (au temps pour un gentilhomme français), un trait qui ne lui convient décidément pas, tandis que son épouse (Betty ex-Barnowsky, une ancienne des SPADS) est dorénavant présentée comme une dinde qui ne pense qu'au dessert malgré la gravité de la situation (quatrième planche) ; le dialogue de la quarante-sixième planche confirme qu'il ne s'agissait en aucun cas d'une comédie ayant pour objectif de donner le change aux oreilles américaines. Le lecteur ne sera pas surpris de retrouver une vieille connaissance de XIII - le cinquième dossier en question - qui a - allez savoir comment - appris à manier les armes de guerre pour une scène invraisemblable et ridicule (trentième et trente-et-unième planches). On s'étonnera tout autant de voir Carrington prendre la place de conteur et maîtriser mieux que quiconque l'histoire des trois amis irlandais. Quant à Mullway, il s'enfonce plus que jamais dans son rôle de père indigne à la vie ratée (vingt-huitième planche). Enfin, les petites crises de colère de XIII face à son père biologique deviennent prévisibles et présentent un goût de réchauffé (vingt-et-unième et vingt-deuxième planches). Le lecteur a ainsi la sensation d'assister à un drame qui se joue dans quelques endroits bien définis, sans variété, et avec les mêmes acteurs, dont certains reviennent sous les feux de la rampe. Pour finir, la façon dont le mystère de la troisième montre se dénoue n'est pas non plus la plus inspirée. Il faudra également passer sur les risques franchement incroyables pris par la présidente du Costa Verde, alors que les menaces de blocus ont été clairement formulées par l'ambassadeur des États-Unis. Restent la partie graphique, les dessins de Vance et la mise en couleurs de Petra. La scène de l'embuscade dans la jungle costaverdienne sous la pluie est remarquable, bien qu'un peu figée, mais les plus beaux passages sont ceux qui se déroulent sous l'eau, lors des séances de plongée sous-marine de XIII et du major Jones ; Vance et Petra livrent là cinq planches absolument splendides.

Il semblerait que la seconde partie de cette double page costaverdienne se referme enfin. Il faut espérer que les trois derniers albums de Van Hamme retrouveront l'inspiration qui manque à cette opération Montecristo, comme au tome précédent.

Mon verdict : ★★☆☆☆

Barbuz

4 commentaires:

  1. Présence07 janvier

    En lisant ton commentaire, je n'arrive pas à percevoir si tu as relu cette album, ou s'il s'agit d'une première découverte.

    Au vu des tes observations et de tes renvois aux pages numérotées, j'ai l'impression de voir ton énervement grandissant au fur et à mesure que Van Hamme te fait avaler de nouvelles couleuvres. :)

    A te lire, j'ai l'impression que la complémentarité entre le dessinateur et la coloriste va en augmentant d'album en album.

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  2. Il s'agit d'une première découverte. J'avais lu les douze premiers, mais là, je suis dans la "nouveauté". Et tu as raison ;-) ; mon agacement est allé croissant, bien que j'espère que ça ne transparaisse pas trop.

    À part ça, que puis-je te souhaiter pour 2018 ?

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    1. Présence10 janvier

      Beaucoup de nouvelles lectures, et plus de temps pour m'y consacrer, par exemple.

      A mon tour de te présenter mes vœux les meilleurs pour 2018, une bonne santé, la concrétisation de tes projets, en espérant pouvoir (re)découvrir des BD par tes yeux.

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    2. Merci, et donc, un maximum de lecture pour toi avec du temps, cette denrée rare et précieuse après laquelle nous courrons tous.
      J'espère terminer "XIII" en mars ; cette année, je vais essayer de lire plus de DC Comics.

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